Nos conseils pour acheter l’imprimante qui répond à vos besoins réels

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L’imprimante fait partie de ces achats qu’on boucle en dix minutes en rayon et qu’on traîne ensuite pendant six ans. J’ai eu le mien : un modèle d’entrée de gamme, très bon marché, dont le jeu de cartouches coûtait presque le prix de la machine. Depuis, je choisis dans l’autre sens, en partant du nombre de pages plutôt que de l’étiquette de prix.

Une imprimante se choisit sur trois chiffres, dans cet ordre : le nombre de pages imprimées par mois, le coût à la page (prix du consommable divisé par son rendement normalisé), et la durée pendant laquelle les pièces détachées resteront disponibles. Le prix affiché arrive en quatrième position, parce qu’il ne pèse qu’une fraction de ce que l’appareil coûtera réellement sur sa durée de vie.

En bref

  • Moins de 50 pages par mois : jet d’encre à cartouches, le surcoût d’un réservoir ne s’amortit jamais.
  • Beaucoup de texte, peu d’images : laser monochrome, plus rapide et plus stable dans le temps.
  • Volume régulier avec de la couleur : jet d’encre à réservoirs rechargeables.
  • Aucune imprimante ne porte d’indice de réparabilité : la question se pose au vendeur.

Comptez vos pages avant de comparer les fonctions

Le volume mensuel est le seul critère qui départage vraiment les technologies, et c’est celui qu’on n’estime jamais avant d’entrer en magasin. Un foyer qui sort une attestation d’assurance de temps en temps et deux dossiers scolaires par trimestre n’a pas le même besoin qu’un indépendant qui édite ses devis, ses factures et ses bons de livraison toutes les semaines.

Je conseille de faire l’estimation à la louche, mais honnêtement : combien de pages sur les trois derniers mois, et quelle part en couleur. Cette base suffit à éliminer les deux tiers des modèles du rayon avant même de regarder les fiches techniques.

Votre usage réel Technologie à viser Le piège à connaître
Quelques pages par mois, un peu de photo Jet d’encre à cartouches, cartouches couleur séparées L’encre sèche entre deux usages, les nettoyages de tête en consomment
Beaucoup de texte, contrats, dossiers Laser monochrome Encombrant, bruyant, plus gourmand en électricité, mauvais en photo
Volume régulier, couleur, usage pro Jet d’encre à réservoirs rechargeables Prix d’achat nettement plus élevé, à amortir sur plusieurs années

Le coût à la page, et pourquoi le rendement annoncé n’est pas une promesse

Le coût à la page se calcule en divisant le prix du consommable par le nombre de pages qu’il est censé produire. C’est le seul indicateur qui permette de comparer deux machines de gammes différentes, et il inverse souvent le classement obtenu sur le seul prix d’achat.

Encore faut-il savoir d’où vient le rendement affiché sur la boîte. Il provient d’une méthode d’essai normalisée : la norme ISO/IEC 24711 définit le protocole de mesure du rendement des cartouches d’encre couleur, en s’appuyant sur la suite de pages de test décrite par la norme ISO/IEC 24712, imprimée avec les réglages d’usine dans un environnement contrôlé, autour de 23 °C. Autrement dit, c’est un chiffre de comparaison entre modèles, pas une prévision de ce que vous obtiendrez chez vous. Une page très encrée, un mode qualité photo ou une machine qui nettoie souvent ses buses feront descendre le rendement réel sous la valeur annoncée.

Le guide d’achat de Que Choisir consacré aux multifonctions rappelle d’ailleurs deux économies simples, indépendantes de la marque : préférer les modèles à cartouches couleur séparées, pour ne remplacer que la couleur épuisée, et regarder du côté des cartouches compatibles de fabricants tiers plutôt que des seules cartouches d’origine.

Ce que chaque technologie fait mal

Aucune des trois familles n’est bonne partout, et c’est le point que les fiches produit évitent soigneusement. Le jet d’encre à cartouches est polyvalent et peu cher à l’achat, mais son coût d’usage grimpe vite, surtout en utilisation occasionnelle où une partie de l’encre part en entretien des têtes.

Le laser va vite sur du texte et tient bien la charge, mais il est plus volumineux, plus bruyant, plus énergivore, et il n’est pas fait pour la photo. Quant au jet d’encre à réservoirs, il déplace la dépense : on paie plus cher la machine pour acheter ensuite de l’encre en flacons, nettement moins onéreuse que les cartouches. Sur un petit volume, ce surcoût initial ne se rattrape simplement jamais.

Une imprimante bon marché n’est pas une imprimante pas chère. C’est une imprimante dont on paiera le prix plus tard.

Multifonction : quelles fonctions servent vraiment

Le mot multifonction recouvre surtout trois choses utiles au quotidien : le scanner, le recto-verso automatique et la connexion sans fil. Le reste relève du confort, parfois du gadget.

Le recto-verso automatique est celui que je regarde en premier, parce qu’il divise concrètement la consommation de papier sans rien demander à l’utilisateur. Le scanner vaut surtout par son chargeur automatique de documents si vous numérisez des liasses ; sans chargeur, le téléphone fait presque aussi bien. Côté connexion, vérifiez la présence de l’impression sans pilote depuis un mobile, via AirPrint côté Apple ou Mopria côté Android, plutôt que de dépendre d’une application maison qui peut disparaître d’un magasin d’applications du jour au lendemain.

La question que personne ne pose en magasin

Avant de payer, demandez pendant combien de temps les pièces détachées resteront disponibles. Ce n’est pas une politesse : l’article L111-4 du code de la consommation, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2022, oblige le vendeur à délivrer cette information de manière visible avant la conclusion du contrat et à la confirmer par écrit au moment de l’achat. Le même texte impose, pour certaines catégories d’équipements électriques et informatiques, une disponibilité minimale de cinq ans après la mise sur le marché de la dernière unité du modèle, et une fourniture des pièces sous quinze jours ouvrables aux réparateurs qui les demandent.

Deux repères complètent le tableau. D’abord, il n’existe à ce jour ni indice de réparabilité ni indice de durabilité sur les imprimantes : selon le ministère de la Transition écologique, l’indice de réparabilité couvre les ordinateurs portables, les tondeuses, les lave-vaisselle, les aspirateurs et les nettoyeurs haute pression, tandis que l’indice de durabilité s’applique aux téléviseurs depuis le 8 janvier 2025 et aux lave-linge depuis le 8 avril 2025. Vous ne trouverez donc aucune note sur l’emballage pour vous aider.

Ensuite, l’imprimante figure bien parmi les appareils éligibles au Bonus Réparation géré par l’éco-organisme ecosystem : 35 € de remise, à condition que la facture atteigne un seuil de déclenchement de 150 €, que l’appareil soit hors garantie et que le réparateur soit labellisé QualiRépar. Faites le calcul avant de vous réjouir : une réparation à 150 € ramenée à 115 € reste, sur beaucoup de modèles d’entrée de gamme, plus chère que le neuf. C’est précisément pour ça que la qualité de fabrication compte à l’achat.

Combien de temps dure une imprimante ?

Le guide de Que Choisir cite une enquête européenne menée en 2021 auprès de 49 885 consommateurs, qui situe la durée de vie moyenne d’une imprimante à six ans, avec des premières pannes qui apparaissent plutôt vers la quatrième année. C’est une moyenne tous usages confondus, pas une garantie de longévité.

Faut-il souscrire un abonnement à l’encre ?

Ces formules facturent un forfait mensuel en fonction du nombre de pages et livrent les cartouches automatiquement. Elles peuvent être intéressantes sur un volume stable et prévisible, beaucoup moins sur un usage en dents de scie. Lisez surtout ce qui se passe en cas de résiliation et si les cartouches livrées restent utilisables ensuite, ce point varie selon les offres.

Le papier fait aussi partie de votre image

Un devis mal imprimé dit quelque chose de votre entreprise avant même d’être lu, au même titre qu’un site négligé.

Ce qui construit vraiment l’image d’une entreprise

Mis à jour le 14 août 2026. Cet article donne une information générale sur des règles de consommation ; il ne remplace pas l’avis d’un professionnel sur une situation particulière. Prix, dispositifs d’aide et listes de produits concernés évoluent : à revérifier auprès des sources officielles avant tout achat.

Sources consultées en août 2026 : article L111-4 du code de la consommation (Légifrance, version en vigueur depuis le 1er janvier 2022) ; ministère de la Transition écologique, page « Indice de réparabilité » ; ecosystem, barème du Bonus Réparation ; Que Choisir, guide d’achat des imprimantes multifonctions ; normes ISO/IEC 24711 et ISO/IEC 24712 sur le rendement des cartouches.

Sujets que je garde pour plus tard : réduire sa consommation de papier au bureau sans tout dématérialiser, et le vrai bilan des cartouches compatibles face aux cartouches d’origine.