J’ai fait tirer une soixantaine de photos de voyage l’an dernier, dans une de ces bornes de supermarché. Elles sont restées six mois dans leur pochette, parce que encadrer soixante tirages coûte une fortune. C’est comme ça que je me suis mise à fabriquer mes cadres, et que j’ai découvert qu’un cadre correct ne demande ni atelier ni matériel de menuisier.
En bref
- Colle blanche pour le papier et le carton, colle à bois pour tout ce qui est en bois.
- Le cadre se dimensionne sur la photo, pas l’inverse : 2 cm de marge de chaque côté.
- Le système d’accrochage se prévoit avant de coller, sinon il faut tout reprendre.
- Cinq montages détaillés, du plus simple (carton) au plus long (papier roulé).
- 1 Les cinq montages comparés avant de choisir
- 2 Le cadre en bâtonnets de glace, celui par lequel commencer
- 3 Deux lamelles de bois, et rien d’autre
- 4 Le cadre en papier de magazine roulé
- 5 Des branches ramassées et de la ficelle
- 6 Le carton, quand on veut un résultat le soir même
- 7 Les trois erreurs qui m’ont coûté mes premiers cadres
- 8 Ce qu’on me demande à chaque fois
Les cinq montages comparés avant de choisir
Le bon montage est celui qui correspond au matériel déjà présent chez vous et au temps que vous avez devant vous. Un cadre en bâtonnets de glace se termine dans l’après-midi, un cadre en papier roulé demande une soirée entière rien que pour préparer les tubes. Ce tableau résume ce à quoi je m’attends avant de commencer, en comptant le temps de travail réel et non le temps de séchage.
| Montage | Matériel principal | Temps de travail | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Bâtonnets de glace | 6 à 8 bâtonnets, masking tape, colle | 30 min | Très accessible, faisable avec des enfants |
| Lamelles de bois | 2 tasseaux fins, ficelle, colle à bois | 20 min | Facile, rendu le plus épuré |
| Papier de magazine roulé | Vieux magazines, pique à brochette, colle blanche | 2 h et plus | Longue, mais sans difficulté technique |
| Branches et ficelle | 4 branches droites, ficelle de jute | 45 min | Le nouage demande un peu de patience |
| Carton ou papier fort | Carton épais, cutter, règle métallique | 25 min | Simple, mais la découpe doit être nette |
Le cadre en bâtonnets de glace, celui par lequel commencer
C’est le montage le plus indulgent : les bâtonnets sont plats, réguliers et pardonnent une colle un peu généreuse. Comptez six à huit grands bâtonnets pour une photo au format carte postale, et décorez-les avant l’assemblage, jamais après, sinon vous peignez sur les joints.
- Recouvrez chaque bâtonnet de masking tape, ces rubans adhésifs décoratifs, ou peignez-les à l’acrylique et laissez sécher à plat.
- Posez deux bâtonnets à la verticale, en écartement légèrement inférieur à la largeur de la photo.
- Collez les autres à l’horizontale par-dessus, en vérifiant l’équerrage avec un livre de poche posé dans l’angle.
- Laissez sécher sous un poids, puis collez la photo au dos et ajoutez les décorations, perles ou boutons.
C’est aussi le seul montage de cette liste que je confie sans hésiter à des enfants, à condition de rester sur de la colle blanche et pas sur un pistolet à colle chaude.
Deux lamelles de bois, et rien d’autre
Ce montage donne le rendu le plus contemporain de la sélection, parce qu’il n’encadre pas la photo : il la pince entre deux baguettes, en haut et en bas, et laisse les côtés libres. Il faut des lamelles de 2 cm de largeur maximum, ou des tasseaux carrés de 0,5 cm de section, coupés 2 cm plus longs que la photo de chaque côté.
Le tirage doit être contrecollé sur un carton fin ou un papier épais, sinon il gondole en quelques semaines. Une fois les deux baguettes collées à la colle à bois, on tend une ficelle d’un bout à l’autre de celle du haut, et l’ensemble se suspend à un simple clou. Sur un mur de décoration de salon un peu chargé, c’est ce format léger qui s’intègre le mieux.
Le cadre en papier de magazine roulé
Celui-ci demande de la patience, et je préfère le dire tout de suite : rouler les tubes est répétitif et il en faut beaucoup. En échange, il coûte littéralement le prix de la colle et il transforme une pile de vieux magazines en objet qu’on ne reconnaît plus.
- Découpez les pages en bandes, puis roulez chaque bande autour d’une pique à brochette en partant d’un coin, bien serré.
- Encollez le dernier centimètre de papier et les bords, laissez prendre, puis retirez la pique en tournant doucement.
- Répétez jusqu’à obtenir de quoi couvrir toute la surface du cadre support, un vieux cadre en bois ou un carton découpé.
- Encollez le support, coupez les tubes à la bonne longueur et disposez-les côte à côte, en laissant les derniers dépasser légèrement.
- Passez une couche de colle blanche diluée ou de vernis-colle sur l’ensemble pour figer les tubes et donner un léger satiné.
Des branches ramassées et de la ficelle
Le montage le plus tributaire de la matière première : il faut quatre branches bien droites, deux longues et deux courtes, ramassées sèches et non coupées vertes, sinon elles se vrillent en séchant après l’assemblage. Je les laisse une semaine à l’intérieur avant de m’en servir.
L’assemblage se fait uniquement à la ficelle, en croisant les branches aux quatre angles et en serrant en huit autour de chaque croisement. Aucune colle n’est nécessaire, et c’est justement l’intérêt : le cadre se démonte et se refait avec une autre photo. Le tirage se fixe ensuite au dos avec deux points de colle repositionnable.
Le carton, quand on veut un résultat le soir même
Le carton reste la solution la plus rapide et la plus souple, puisqu’elle s’adapte à n’importe quel format de tirage. Tout se joue sur la découpe : une règle métallique et une lame neuve donnent un bord net, une lame émoussée déchire les fibres et le cadre a l’air raté quelle que soit la décoration ensuite.
Tracez la fenêtre intérieure 4 mm plus petite que la photo de chaque côté, pour que le tirage ne glisse pas. Découpez en plusieurs passages légers plutôt qu’en forçant d’un coup, la main protégée derrière la règle et jamais devant la lame. Il reste à peindre, à recouvrir de tissu ou à laisser le carton brut, ce que je trouve très bien sur un mur clair.
Les trois erreurs qui m’ont coûté mes premiers cadres
Ces trois-là reviennent systématiquement quand on débute, et aucune ne se rattrape après coup.
- Coller la photo directement sur le bois : le tirage se déforme et devient impossible à changer. Toujours passer par un carton intermédiaire.
- Oublier l’accrochage : décider en fin de montage qu’on veut suspendre un cadre conçu pour être posé oblige à tout reprendre. La ficelle ou l’attache se pose avant la photo.
- Se tromper de colle : la colle blanche gondole le carton fin si on l’applique trop épais, et la colle à bois ne tient pas sur du papier glacé de magazine.
Ce qu’on me demande à chaque fois
Est-ce que ça tient vraiment dans le temps ? Les montages collés, oui, à condition de rester loin d’une source d’humidité : une salle de bains a raison de n’importe quel cadre en carton en un hiver. Le montage à la ficelle est le plus durable puisqu’il se retend quand il se relâche.
Et pour offrir ? C’est le cadeau que je fais le plus souvent, avec une photo prise ensemble plutôt qu’une image quelconque. Le montage en lamelles de bois est celui qui passe le mieux, parce qu’il reste discret et ne dicte pas la décoration de la personne qui le reçoit. J’y glisse un mot au dos, ça ne coûte rien et c’est ce dont on me reparle des mois après.
Accrocher, oui, mais où ?
Une série de petits cadres faits main demande un mur pensé, surtout quand l’appartement est petit et que chaque surface sert déjà à quelque chose.
Mis à jour le 7 août 2026. Sujets voisins que je garde de côté : composer un mur de cadres sans percer douze trous, et fabriquer un passe-partout maison au format standard.






