Une auréole brune au plafond de la salle de bains, un sifflement derrière la cloison, et cette impression désagréable que la situation vous échappe pendant que l’eau, elle, continue. Voici l’ordre dans lequel je conseille d’agir, appris à mes dépens plutôt que dans un manuel.
En bref
- Couper l’eau d’abord, appeler ensuite : l’ordre inverse coûte cher.
- Photos et vidéos avant tout nettoyage, elles servent au dossier d’assurance.
- Déclaration à l’assureur sous 5 jours ouvrés (article L113-2 du Code des assurances).
- Devis écrit et détaillé avant intervention, même en urgence.
Les vingt premières minutes, dans l’ordre
La priorité n’est pas de réparer, elle est d’arrêter l’alimentation en eau et de mettre le logement hors de danger. Voici la séquence que j’applique.
- Fermer la vanne d’arrêt. Elle se trouve le plus souvent près de la porte d’entrée, sur le palier, parfois sous l’évier ou dans le placard de la salle d’eau. Repérez-la aujourd’hui, pas le jour de la fuite.
- Couper le courant au disjoncteur si l’eau ruisselle près d’une prise, d’un luminaire ou du tableau. Toute reprise d’installation électrique mouillée relève ensuite de la norme NF C 15-100 et d’un électricien qualifié, jamais du bricolage.
- Photographier l’origine visible, les traces au sol, au mur, au plafond, et le contenu abîmé. Faites-le avant d’éponger.
- Prévenir le voisin du dessous et, en copropriété, le syndic. Une fuite qui traverse un plancher devient très vite un dossier à plusieurs.
- Contenir avec bassine, serpillière et, si le tuyau est accessible et sec, une pâte de colmatage en dépannage provisoire. Le tuyau doit être parfaitement sec, sinon rien ne tient.
Ce qu’il ne faut pas faire : démonter un raccord, percer une cloison pour « voir », ou entreprendre une réparation définitive avant le passage du professionnel. Une intervention maladroite transforme une fuite localisée en dégât généralisé, et complique la prise en charge par l’assurance.

Trouver l’origine sans aggraver la situation
Une fuite se remonte toujours du point le plus bas vers le point le plus haut : l’eau apparaît rarement là où elle s’échappe. Suivez la trace en partant de l’auréole la plus large et regardez ce qui se trouve au-dessus, y compris chez le voisin.
Quand la fuite est visible
Raccord suintant sous un évier, flexible de machine à laver fendu, joint de ballon d’eau chaude qui pleure : ces cas se repèrent à l’œil et se stabilisent en fermant l’arrivée du point concerné. Sur un ballon, la solution d’attente consiste à réduire la pression d’eau froide en amont plutôt qu’à toucher au groupe de sécurité.
Quand rien n’est visible
Compteur qui tourne alors que tout est fermé, tache qui s’élargit lentement, odeur d’humidité persistante : la fuite est encastrée. Là, l’intervention d’un professionnel équipé pour une recherche de fuite non destructive est le seul chemin raisonnable. Ouvrir un mur au hasard coûte plus cher que la recherche elle-même. Si le problème vient au contraire d’une évacuation qui peine, la lecture est différente : je détaille ce cas de figure dans mon article sur une évacuation de WC qui s’écoule trop lentement.
Assurance : ce qu’il faut déclarer, et dans quel délai
La déclaration doit partir dans les 5 jours ouvrés suivant la découverte du sinistre, délai fixé par l’article L113-2 du Code des assurances. Les jours ouvrés courent du lundi au vendredi : une fuite découverte un vendredi soir laisse jusqu’au vendredi suivant en pratique. Un retard justifié (hospitalisation, absence prolongée) reste recevable, mais mieux vaut ne pas avoir à s’en expliquer.
Depuis le 1er juin 2018, la convention IRSI, signée entre assureurs membres de France Assureurs, organise la gestion des dégâts des eaux dont les dommages matériels ne dépassent pas 5 000 € HT par local sinistré. Elle a remplacé l’ancienne convention CIDRE. Deux tranches structurent le traitement : jusqu’à 1 600 € HT, gestion forfaitaire sans recherche de responsabilité, puis de 1 600 à 5 000 € HT avec expertise. L’assureur qui pilote le dossier est celui de l’occupant du local touché, donc le vôtre si vous êtes locataire.
| Situation | Qui prévenir en premier | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Locataire, fuite dans le logement | Propriétaire ou agence, puis votre assureur | Ne pas commander de gros travaux sans accord écrit |
| Propriétaire occupant en copropriété | Syndic si une partie commune est en cause | Colonne d’eau et canalisations communes ne sont pas à votre charge |
| Fuite venant de chez le voisin | Le voisin, puis constat amiable dégât des eaux | Remplir le constat même si l’ambiance est tendue |
Ces éléments sont donnés à titre d’information générale, à jour d’août 2026. Votre contrat, vos garanties et vos franchises font foi : vérifiez-les auprès de votre assureur avant tout engagement de dépense.
Choisir un dépanneur sans se faire piéger
Un professionnel sérieux accepte de vous donner un tarif d’intervention avant de se déplacer et établit un devis écrit avant de démonter quoi que ce soit. C’est le seul filtre vraiment efficace contre les mauvaises surprises, et il fonctionne même à minuit.
- Demandez le prix du déplacement, le tarif horaire et la majoration éventuelle de nuit ou de week-end, avant l’intervention.
- Exigez un devis gratuit et sans engagement, comme le propose par exemple la plomberie de Menton, plutôt qu’un montant annoncé oralement.
- Vérifiez l’existence réelle de l’entreprise : adresse, numéro SIRET, assurance responsabilité civile professionnelle.
- Refusez le remplacement de pièces que l’on ne vous montre pas, et gardez les pièces déposées.
Le mode opératoire des arnaques est toujours le même : urgence entretenue, remplacement massif de pièces en bon état, facture gonflée présentée une fois les travaux faits. Prendre trente secondes pour demander un écrit suffit à faire reculer la plupart d’entre elles.
Faut-il appeler le plombier ou l’assurance en premier ?
Le plombier, si l’eau coule encore et que le sinistre s’aggrave. L’assurance ensuite, dans le délai des 5 jours ouvrés. Conservez toutes les factures d’urgence, elles entrent généralement dans le dossier.
Qui paie la recherche de fuite ?
Cela dépend de votre contrat et de l’origine du sinistre. Beaucoup de contrats multirisques habitation intègrent une garantie recherche de fuite, parfois plafonnée : c’est un point à vérifier dans vos conditions particulières, pas une règle universelle.
Comprendre un devis d’artisan appelé en urgence
Plomberie ou serrurerie, la logique de facturation en intervention urgente se ressemble beaucoup. J’ai détaillé les postes qui font varier la note.
Mis à jour le 4 août 2026. Sources citées : Code des assurances, article L113-2 ; convention IRSI (France Assureurs), en vigueur depuis le 1er juin 2018 ; norme NF C 15-100 pour les installations électriques domestiques.




